Marc Lavoine est-il cool ? En tout cas il l’était en 2005 !

Marc Lavoine - L’heure d’été / Mercury / 2005

Toujours numéro 1 sur l’actualité musicale, je vous propose aujourd’hui de revenir 20 ans en arrière, en compagnie de notre Marc Lavoine national, le tombeur à la voix grave,  qui célébrait comme nous aujourd’hui le passage à l’heure d’été en 2005. 


Et bah ouais, j’avais envie voilà. Et je vais vous dire un truc, l’album est vraiment pas si ouf que ça en plus, mais il a quelques gros titres qui en valent la peine. Et puis merde on se fait plaisir ! Il connait bien ça le plaisir lui, Marc, hein ?

Les premiers souvenirs que j’ai de Marc Lavoine, musicalement, c’est ma mère qui passait le single Je me sens si seul sur notre chaîne HIFI, et on s’ambiançait comme des oufs (je crois). Faut dire que le titre est un pur banger electroclash aussi : guitare samplée, instru électronique un peu bancale mais terriblement efficace et paroles complètement déjantées, où l’on s’imagine Marco un peu rébou sous coke chemise ouverte (un peu comme sur la cover de l’album finalement (une chemise prune insolente avec un collier de perle taille éléphant)). Mais j’étais pas retourné sur Marc Lavoine depuis, du moins pas sérieusement, et c’est toujours pas le cas. Disons que les seuls trucs que j’avais en tête de lui c’était son infâme titre Je descend du singe sur lequel on a un running gag avec un ami depuis genre 10 ans (nojoke) et son autre infâme titre Ma papou, qui lui pour le coup en plus d’être nul est carrément génant sa race. 

Mais bon, j’ai réécouté ce single de 2005 et je me suis dit “ah putain quand même, y a une vraie énergie là”. C’est ringard et en même temps c’est au top du cool, surtout aujourd’hui où la frontière entre les deux se fait de plus en plus fine. Alors qu’est-ce qu’il vaut cet album ? Mais aussi et surtout, on en disait quoi en 2005 ?

En 2005 j’avais cinq ans, j’étais en grande section. Il y avait la guerre en Irak, YouTube naissait, Jean-Paul II mourrait, l’Airbus A380 volait pour la première fois et Nadal remportait son premier Roland Garros. Et le jeudi 17 novembre 2005, Marc Lavoine était l’invité d’On a tout essayé sur France 2, en compagnie d’un Laurent Ruquier à son prime et d’une Christine Bravo qu’on … qu’on adore ! Et je vais évidemment être obligé de débriefer ce passage télé, grand moment, comme on sait si bien les concevoir chez nous, à la french. 

Accueilli comme “le chéri de ces dames” par Ruquier, ce gros bogoss arrive sur le plateau, chemise noire col ouvert (sûrement du Agnès b, je le sens). Je découvre un Marc assez timide, humble, voix grave, entouré de chroniqueurs(euses) complètement foldingues qui en font beaucoup trop, pour notre kiff à nous. Et là hop ! Dès le début le mec est dans le charme. Vous voyez, c’est l’anniversaire de Maureen Dor ce jour là, une chroniqueuse, donc il lui souhaite chaleureusement, big applause etc, etc. Ça me fait penser à ce passage de Jean Dujardin au JT de TF1 face à Audrey Crespo-Mara où il dit “là j’vous séduit … enfin j’pense” et elle en mode hihihi trop mignon omg. Bref, ambiance de folie sur le plateau. Chaque chroniqueur donne un avis sur l’album qui vient de sortir, sur la tournée de Marc, certains fans, d’autres non. Tous s’accordent pour dire que le single toi mon amour reste bien dans la tête quand même (ce que je leur concède), même Christine Bravo, pour qui c’est pas vraiment chanté mais chuchoté, enfin elle se trompe mais voilà elle assume après alala qu’est-ce qu’on rigole ici putain. 


En fait, je me rends compte que j’ai jamais vraiment regardé de talk-show français comme ça. Cette émission, je la voyais tout le temps en fond quand j’étais petit, je me souviens de ces têtes, mais je captais rien à ce qu’ils disaient, comme un enfant devant les infos quoi, on retient des bribes mais on saisit pas le truc. Et en regardant aujourd’hui, et bah wow ils disaient juste n’importe quoi en fait ! Les chroniqueurs apportent quasi aucun input, les vannes sont poussives à la mort et c’est souvent bien gênant. Mais c’est pour ça que ça marchait si bien, et que ça marche toujours d’ailleurs. Genre là quasi chaque intéraction avec Marc Lavoine c’est sur son charme et sa voix grave quoi, oui on a compris les gars c’est sa carrière en fait. Et je saisis par la même occasion l’ampleur de la fame du mec. Ok, je savais déjà qu’il était très populaire, mais là dites-vous que son album, qui peut paraître anecdotique aujourd’hui, se vendait à 400 000 exemplaires, à l’époque où les ventes étaient comptées en disques vendus, double disque de platine ! Le mec remplit 3 Zéniths, alors que quand je vais y voir Fontaines D.C je me dis “wow they’ve made it !” et bah Marc Lavoine en remplissait 3 d’affilé y a 20 ans. J’apprend également que Marc a été élevé par des communistes, en fait j’apprend que le mec a l’air grave cool. J’avais cette image de lui en mode chanteur de variét qui se la pète un peu, ringard chiant, mais là de le voir sur ce plateau, se faire chier parce qu’on le vanne et lui pose des questions de merde, je me dis putain il a l’air cool en fait. 

On a aussi le droit à une review de concert d’Isabelle Alonso, qui témoigne de l’effet qu’a Marc sur les femmes en concert, il crée carrément des jalouses en prenant la main d’une fille dans le public. Ensuite Gérard Miller qui essaye d’aller le choper sur le communisme, comme quoi avec le succès, il mettrait moins en avant ses valeurs profondes pour plaire au plus grand nombre etc. Et bien non figurez-vous, Marc Lavoine adore tomber sur des manifs, adore le contact des gens, milite pour la question noire aux USA (il dit d’ailleurs “j’ai un enfant métis” juste après, ça passe mais ça fait très “j’ai un ami noir” quand même). Peu importe, je l’écoute et je me dis “je l’aime bien ce type en fait”. 

Et pour finir (promis après j’arrête avec le debrief de l’émission mais ça m’a fait un choc mental), Christophe Alévêque qui sort la chronique “humour” de l’année, enchaînant flop sur flop et en essayant de piéger Marc sur des sorties qu’il aurait faites hors contexte etc, bref il casse les couilles et il est pas drôle. J’avoue le ton sur la fin me fait presque passer pour une daronne aigrie sur un groupe Facebook de fans de Marc Lavoine qui débrief après une émission, mais c’est comme ça !

Je ferme cette grande parenthèse d’On a tout essayé (OATE), qui était nécessaire pour remettre dans son contexte l’album. Grand succès, grosse fame, le mec remplit des Zéniths, les meufs le kiff, les mecs sont jaloux, il est au top. Malheureusement, je m’étais trop hype pour l’écoute.

Disons que je suis pas la cible, c’est vrai j’écoute pas de variété, j’ai pas été éduqué dans ça, j’y connais presque rien, c’est pas ma sensibilité. Et le truc avec cet album, c’est qu’on a 3-4 titres insane, et le reste je me fais chier comme pas possible. Le titre phare toi mon amour évidemment incontestable. Mélodie efficace, refrain entêtant, voix ultra sexy, paroles qui passent comme une lettre à la poste, un tube. On a aussi le titre la mélancolie avec une belle instru de débile sur garageband et ce grand moment d’écriture à la proust

« Depuis longtemps tu me colles 
Depuis le banc de l’école 
L’encrier, tube de colle 
Balle au priso, Pigeon vole 
Mon prénom sur un bol »

Ou encore “elle est si jolie quand elle me touche” pour commencer le titre tu m’as renversé. Bon là j’avoue je cite ça hors contexte pour la vanne mais vous saisissez l’ambiance. C’est plus ou moins le même thème sur tout l’album, le charme, l’amour, la mélancolie, les câlins les bisous etc. Je vois par ailleurs dans mes notes que j’ai écrit en description du titre ne m’en veut pas de t’en vouloir “Gainsbourg sous protools”. Et là je viens de relire et je lis “gainsbourg sous proto” et je me tappe une barre. Enfin bon, j’ai pas grand chose à dire. Ah si peut-être un des pires débuts de chanson de tous les temps sur j’espère en featuring avec Quỳnh Anh, qui avait notamment chanté avec les Bleus sur le titre contre la disctimination la France est plus forte avec toi

Donc ça c’est pour une grande partie de l’album, qui m’inspire très très peu. Mais ce serait passer à côté de ces tubes que sont Je me sens si seul et Vogue le magazine, mention spéciale aussi au titre tous les jours, carrément Rock ‘n’ roll au refrain surpuissant, qui pue le love.

En fait, on sent sur l’album un engouement général pour la production électronique, et je pense que globalement en 2005 tout le monde essayait de rejoindre le bateau, les Daft Punk tout ça tout ça. C’est presque risible comme production, mais ça marche, c’est carrément électroclash, limite eurodance, je veux dire The Dare a rien inventé en fait, et Dieu sait que j’adore The Dare (surtout qu’il a bien pompé LCD Soundsystem en fin bref…). On est face à un Marc Lavoine carrément fun, qui énumère des refs de mode trop cool, parle de découper des meufs dans les magazines pour se branler dessus après (enfin j’imagine), mais j’ai quand même envie de danser comme un débile sur le son. J’ai envie d’être en soirée avec des stars françaises et de me bourrer la gueule après une avant-première de Vincent Lindon, c’est ça ce que ça me procure bordel ! Deux titres ovni sur cet album qui me fait quand même pas mal chier.

Bref, j’ai beaucoup écrit pour rien dire au final, si ce n’est que tout est question de perspective. J’étais resté sur le Marc Lavoine de ma papou, alors que le Marc Lavoine de vogue le magazine a existé, et était carrément cool. Petit saut dans le passé donc, ça fait jamais de mal, et 2-3 titres à rentrer dans vos playlists karaoké et/ou votre clé USB de DJ, si vous en avez les couilles ! 

Ah oui aussi, peu de rapport avec le passage à l’heure d’été finalement hein. Enfin oui l’évocation du printemps des beaux jours etc on capte, mais voilà quoi.


L’Heure d’été de Marc Lavoine est disponible sur toutes les plateformes.

Suivant
Suivant

OK Lou ! Là je suis aux anges <3